« Je dis aux hommes: violez les femmes », le philosophe Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut Photo Wikipedia.org

Ce 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’est l’ « Orange Day » car il est salutaire de construire un monde meilleur pour les femmes et les filles. Mettons un lien avec les paroles du philosophe Alain Finkielkraut qui sont une sorte de mise en garde.

En guise de provocation et non sans ironie, le philosophe Alain Finkielkraut a lancé une phrase controversée sur le viol face à Caroline de Haas sur LCI. Comme en témoignent de nombreuses réactions, ses propos ont choqué beaucoup de personnes.

«Incitation au viol» ou raisonnement par l’absurde dans un débat sur le «politiquement correct»? Des propos de l’essayiste Alain Finkielkraut sur le viol ont suscité de nombreuses réactions indignées, relate l’AFP.

«Violez, violez, violez. Voilà, je dis aux hommes: « Violez les femmes ». D’ailleurs, je viole ma femme tous les soirs. Tous les soirs, elle en a marre», s’est emporté le philosophe de 70 ans, dans un débat sur la chaîne LCI au cours duquel il avait précédemment fustigé «le politiquement correct», qualifié de «calvaire de la pensée».

«Vous n’avez pas le droit de dire ça! Ce n’est pas drôle», lui répond la militante féministe Caroline De Haas, tandis que le journaliste David Pujadas, qui animait l’émission «La Grande confrontation» sur le thème «Peut-on tout dire?», assure que «c’est du second degré».

Caroline De Haas avait auparavant reproché à Alain Finkielkraut d’avoir défendu Roman Polanski en suggérant que les faits pour lesquels le cinéaste est poursuivi aux États-Unis n’étaient «pas vraiment un viol» parce que l’adolescente de 13 ans qui l’avait accusé n’était «plus vraiment une petite fille».

«Quand vous dites ça, M. Finkielkraut, le message que vous envoyez à toutes les petites filles qui ont été violées dans ce pays, c’est le message que ce n’était pas grave», ajoute-t-elle, provoquant la réaction du philosophe.

«J’ai rappelé les faits, (…) cette jeune fille, qui avait en l’occurrence 13 ans et 9 mois, elle n’était pas impubère, elle avait un petit ami (…) Aujourd’hui, elle s’est réconciliée avec lui», poursuit Alain Finkielkraut, défenseur de longue date de Roman Polanski, visé depuis la semaine dernière par une nouvelle accusation de viol, aujourd’hui prescrite.

Auparavant, il avait critiqué la notion de «culture du viol» et déploré une «extension du concept de sexisme», faisant penser «qu’il y aurait en France énormément de violeurs en puissance».

La courte séquence de 4 secondes, partagée sur les réseaux par l’organisation féministe «Nous Toutes», a été très partagée et a suscité de nombreux commentaires.

Nouveau philosophe incompris

Dans son fauteuil 21 de l’Académie française(2014), Finkielkraut fait la promotion de la pensée des « nouveaux philosophes » qui manient « le conservatisme » avec « la douceur des manières. » Voilà que le lecteur non habitué à l’exercice de l’ironie prit le philosophe au mot et le jugea sans comprendre sa démarche.

Or, l’ironie, telle qu’elle est pratiquée par Socrate est « la manière de s’approprier la réponse d’un autre pour la réfuter. »(Rép. I, 337a) C’est comme si le philosophe voulait dire aux hommes: « Violez,violez les femmes!A la fin vous serez rattrapés par la justice quand les femmes prendront conscience de la cause du problème. « 

Est-ce l’idée qui était dans sa tête? En tous les cas, le nouveau philosophe de nationalité franco-polonaise et qualifié de nationaliste polonais, a été probablement incompris et victime d’une manière nouvelle de penser « les violences faites aux femmes » en démontant les fondements de la « culture du viol. »

By P.Protogène BUTERA