La gourmandise , un péché ou un défaut de mesure?

Péché mignon ou vilain défaut, la gourmandise ne cesse pas de tourmenter la plupart des gens, qu’ils soient chrétiens ou non. Pendant le Carême, elle devient même sujet de préoccupation majeure dans le cadre du jeûne.

Il y a de quoi se poser cette question: Faut-il arrêter de manger ce qu’on aime quand l’Evangile est plus que clair: « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur« (Matthieu 15,11)?

Par définition

Le Robert définit la gourmandise comme le « goût de la nourriture », tandis que Le Petit Larousse la définit comme un « défaut du gourmand ». Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, quant à lui, la range parmi les « vices rattachés aux péchés capitaux » parce qu’ils « génèrent d’autres péchés ou d’autres vices« .

Ainsi, la gourmandise est placée après l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, l’impureté, et avant la paresse ou l’acédie. Dans la morale chrétienne, elle est assimilée à une envie désordonnée de manger ou de boire ce qu’on aime mais sans en avoir vraiment besoin.

Par définition, on peut dire que c’est une attitude qui couvre le sens de manger ou de boire comme un animal. Ce qui équivaut à de la gloutenerie. Et c’est en cela qu’elle est mauvaise et devient du fait même un péché.

Tout un art

Positivement, la gourmandise peut être une attitude à apprécier la nourriture ou la boisson, à prendre du plaisir à manger ou à boire par rapport à la qualité moins qu’à la quantité.

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Le plaisir de bien manger

A ce niveau, on est dans l’ordre du raffinement, de la raison et de la délicatesse. On n’est plus dans l’excès. C’est tout un art d’entretenir la vie et la santé; le prix de la longévité!

Avec mesure

Pour les gens dont la cuisine est la mesure de la vie, la gourmandise n’est pas un péché. La raison en est qu’une bonne cuisine sait tout mesurer de sorte que ce qui faisait de la gourmandise un péché, selon Saint Thomas d’Aquin, n’est plus possible:

manger trop tôt(praepropere);
manger trop coûteux(laute);
manger trop(nimis);
manger avec trop d’impatience(ardenter);
manger avec trop de goût(studiose).

L’exemple est votre bébé

Si vous hésitez sur ces attitudes ou doutez de ce que nous avons avancé, l’exemple est votre bébé. Voyez comme il raffole des belles choses! Vous direz que l’enfant ne peut pas commettre le péché en rapport avec des choses dont il n’est pas conscient.

Vous qui les lui donnez, même si vous avez les moyens financiers de lui en offrir autant qu’il a de l’appétit, vous le ferez sans limite? Et si vous pensez que cela ne vous concerne pas, ne regardez-vous pas les publicités qui vantent les recettes de la bonne cuisine? Est-ce que vous en achetez de tous les goûts? Voilà un très bon test de la maîtrise de soi.

Par Protogène BUTERA