Libye:ces Africains condamnés à l’esclavage humanitaire

C’est désormais un passage obligé pour traverser la Méditerranée.Le chaos et le désordre dans ce pays de Saint Augustin seraient une brèche pour joindre la terre des anciens maîtres.Mais les Libyens veulent montrer à cette foule en perdition, de quelle manière ils sont mieux que les maîtres du passé,experts en traite négrière.

Jeu d’intérêt

Ces Africains au visage bigarré et aux langues variées ont jeté tous leurs dés.Ils n’ont d’autres intérêts que de traverser la Méditerranée.Nombreux sont ceux qui ne comptent plus les jours tant la valeur de leur vie dépend du temps qu’il fera demain pour passer au paradis de l’Europe leur présenté sur les écrans des Télés ou dans les pages des grands journaux.

Passeurs et migrants entrent ainsi dans le jeu d’intérêts contradictoires.Les uns répondent à la demande pressante(aider à passer),les autres achètent des services à rentabilité prometteuse (atterrir en Italie ou ailleurs). Les uns sont enrichis par les misérables,les autres se sont endettés pour construire un avenir ailleurs.

Migrants en détention à Tripoli,le 21 février 2017,selon Reuters.

De la sorte,les marchés de ces services-esclaves continueront de fleurir en Libye, car ces clandestins n’oseront pas hausser le ton contre les pratiques de leurs hébergeurs. Qui plus est,les Libyens qui se considèrent comme les Européens, parce que Méditerranéens, n’arrêteront pas leur hargne contre ces Africains qui ont fui les guerres et qui sont marqués par les blessures du désert.Noirs,ils sont la proie facile à localiser.

L’Europe ferme les yeux

Ces pratiques « esclavagistes » en cours en Libye ne sont pas moins comparables à celles du temps de l’esclavage sur l’île de Gorée, au large de Dakar.Une seule différence: pour se protéger contre le flux des migrants sur son sol, lEurope ferme les yeux sur ces pratiques inhumaines,de violence organisée.

Quoi qu’il en soit,ces clandestins doivent travailler pour leurs patrons en effectuant les tâches que les nationaux ne veulent plus faire:construction,lavage de voitures,fermes…Après,ils tenteront encore et encore aussi longtemps qu’ils auront de quoi payer les passeurs.

Soutien à l’esclavage humanitaire

Selon les accords de La Valette du 3 février,l’Union européenne a débloqué 200 millions d’euros pour aider la Libye à ramener les migrants récupérés en mer sur ses côtes.Dans ces conditions,cette aide n’est-elle pas un soutien à l’esclavage humanitaire?

Point n’est besoin de savoir le sort de ces pauvres quand ils retournent sur ce sol libyen.L’important est fait:éviter qu’ils arrivent en Europe.Tant pis s’ils croupissent comme des malfaiteurs dans des prisons ou détentions pour migrants. Le droit humanitaire ne compte plus.

By P.B