Eglise: jeûne eucharistique,compassion pour ceux qui ne peuvent pas communier?

Pendant l’été, il y a, dans l’Église catholique, des fêtes pour les Premières Communions. Est-ce que les enfants en comprennent le sens? Lors de la célébration(30 minutes avant la messe), Maxime qui était pourtant suffisamment préparé, s’est mis à manger ses chewing-gums. Il voulait, disait-il, savoir si l’Hostie sera de même goût ou de meilleur.

Laura, issue d’une famille très pratiquante lui répond: « C’est dramatique!Tu as oublié que l’Eucharistie est comme tout médicament, et qu’il faut du temps et des conditions d’absorption? » Maxime rétorqua: « Moi, je ne suis pas malade! » Le prêtre qui n’était pas loin intervient; Laure dit vrai, Maxime: « L’Eucharistie est un médicament contre certaines maladies de l’âme. Il est donc important que le corps soit dans les dispositions requises. Ne savez-vous pas qu’il y a des médicaments qui demandent que l’on soit à jeun pour plus d’efficacité? »

L’Eucharistie devrait être du genre, continua le prêtre. Une heure ou deux avant la communion, c’est donner la priorité au Christ. C’est une autre manière de montrer l’importance de la Communion.

Jeûne eucharistique et son histoire

Depuis le Concile de Carthage en 397, les fidèles ont été habitués à recevoir la Communion en état de jeûne, car ils s’abstenaient de toute nourriture dans le temps précédant la participation à la messe. C’est Pie XII, dans le Motu Proprio « Sacram Communionem » du 25 mars 1957, qui a fixé la durée du jeûne eucharistique à 3 heures pour la nourriture solide et les les boissons alcoolisées, et 1 heure pour les boissons non alcoolisées, sauf l’eau.

Le Code de Droit canonique de 1983(sous le Pape Jean Paul II)notera ceci(Can 919):

« Qui va recevoir la Très Sainte Eucharistie s’abstiendra, au moins une heure avant la sainte Communion, de prendre tout aliment et boisson, à l’exception seulement de l’eau et des médicaments »(§1). « Le prêtre qui célèbre la Très sainte Eucharistie deux ou trois fois le même jour, peut prendre quelque chose avant la seconde ou la troisième célébration, même s’il n’y a pas le délai d’une heure »(§2).

Signe de respect pour la sainte Hostie?

Elle est totalement prise sous son aspect de médicament que la Communion n’est plus une exception pour personne: nous sommes tous malades(pécheurs), disent certains, nous avons besoin de ce remède! C’est pourquoi tout le monde doit communier! Dès lors,l’attitude de celui qui ne le fait pas devient problématique.

Positivement, la pratique du jeûne eucharistique sera une sorte de réponse à ceux qui se déplacent pour aller communier parce qu’ils ne veulent pas paraitre pécheurs, s’ils restent dans les bancs. De plus, il y aura moins de culpabilité ou d’hésitation(j’y vais ou pas?)dès que l’on sait qu’on a mangé quelque chose avant.

Mais hélas! Voilà une marque de respect qui tend à se perdre dans la mesure où les gens ne s’inquiètent pas d’accueillir l’invité d’honneur dans des chambres tout en désordre et mal rangées! Les Confessions individuelles étant de moins en moins dans l’air du temps, la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie risque d’avoir le même effet dans nos vies. Retour au jeûne eucharistique pour avoir davantage faim de Dieu et compatir avec ceux qui ne peuvent pas communier?

By Protogène BUTERA