Le Saint du jour: Philippe Néri, chantre de la prière qui donne la joie

Après saint Pierre, Philippe Néri deviendra un second patron de Rome, la Ville Éternelle. Dans sa vie d’homme et de prêtre,il présente cette étonnante combinaison d’une piété nourrie des Pères du Désert, avec un ministère actif, spécialement auprès de la jeunesse.

Ce saint étonnant qui allie à la culture la plus raffinée une sainteté évangélique et une bonne humeur qui ne se refuse pas à la mystification, enchantera ses compatriotes contemporains puis ravit en France, au siècle suivant, ceux qui fonderont à leur tour l’Oratoire de France

La communauté qu’ils formèrent autour de lui, tire son nom: ‘l’Oratoire’, des soirées de très pieuses mais très libres et très joyeuses méditations dont il était l’animateur.

Pour son action auprès des jeunes et sa gaieté contagieuse il fut, avec saint François de Sales, l’un des saints préférés de saint Jean Bosco, car il était toujours bon, doux et aimable.Pour lui,la bonne Nouvelle est source d’une telle grâce.

Né le 22 juillet 1515 à Florence, Philippe a été ordonné prêtre en 1551 et il mourut le 26 mai 1595 à l’âge de 80 ans. Lui qui avait pour habitude quotidienne de prier spécialement le Saint Esprit et de lui demander en toute humilité ses grâces et ses dons, il peut nous aider à nous préparer à la fête de la Pentecôte grâce à ces 10 belles paroles(citations):

Rien n’aide davantage l’homme que la prière. C’est le Saint-Esprit qui nous apprend à prier. Il nous donne de vivre constamment dans la paix et dans la joie, qui sont un avant-goût du Paradis

Que faut-il donc ? Le feu, la foi et le fer : le feu pour enflammer le coeur de celui qui parle, la foi pour espérer que celui qui donnait alors l’Esprit le donnera encore maintenant, le fer pour tailler notre volonté propre et nous établir dans la sainte obéissance

Efforcez-vous toujours de gagner les autres au Christ par votre amabilité et votre amour, ayez toute la compréhension possible pour leurs faiblesses, efforcez-vous tout particulièrement de leur faire comprendre l’Amour de Dieu

Si vous tenez à tout prix à tomber dans l’exagération, exagérez en vous montrant particulièrement doux, patient, humble et aimable, alors tout ira bien ! 

Pour passer d’un état mauvais à un état bon, point n’est besoin de conseil. Mais quand il s’agit de passer d’un état bon à un état meilleur, temps, conseils et prières sont indispensables avant la prise de décision 

Pour ne pas se fatiguer, il faut élever souvent son cœur vers Dieu, tout au long de la journée. Le Mystère de Dieu ne se dévoile pas à notre intelligence. On apprend plus la sagesse de l’Ecriture sainte par la prière que par l’étude

Les gens qui vivent dans le monde doivent s’efforcer de parvenir à la sainteté dans leurs propres maisons. La vie à la cour, la profession, le travail ne sont pas des obstacles pour qui veut servir Dieu

 

 Il ne faut pas vouloir tout faire en un jour et on ne devient pas un saint en quatre jours, il faut avancer pas à pas. « Seigneur, méfie-Toi de moi aujourd’hui. J’ai peur de Te trahir ! »

« Les hommes orgueilleux, on ne peut pas les gagner par des écrits profonds, mais bien par les choses simples et la vie des saints » 

Allez, l’heure de votre prière est finie, mais non celle de bien faire. Soyez joyeux, toujours joyeux ! Soyez bons si vous le pouvez »

Bonne fête aussi à BÉRENGER, BERANGERE, ELEUTHERE, BERENGERE

By P.Protogène BUTERA

France-déconfinement: Quid de la reprise des cérémonies religieuses

La nouvelle est tombée ce vendredi 22 mai 2020. Par un communiqué de presse, le Ministère français de l’intérieur a déclaré « les modalités de reprise des cérémonies religieuses. »

Christophe Castaner,Ministre de l’Intérieur

A y regarder de près, cette déclaration a des effets tant de surprise que de confusion, De surprise, car il est possible, dès cette date, de « célébrer à nouveau, progressivement, des offices. »Or, les gestionnaires des cultes ne peuvent pas trouver immédiatement les moyens (humains et financiers)de respecter toutes les mesures exigées.

C’est cette éventualité de manque qui crée la confusion surtout si on tient compte de la fin des mots du ministre, Christophe Castaner: « Nous avons confiance dans la prudence et la vigilance exemplaires des responsables des cultes ».

N’est-ce pas une manière de nous dire: « Ne reprenez pas si tôt, si vous n’avez pas tout ce qu’il faut pour respecter nos recommandations? » Ce faisant, les autorités politiques ne veulent pas que les responsables religieux soient « exemplaires » là où elles ont été défaillantes?

Dispositions prises par les évêques.

Sans trop tarder, la Conférence des évêques de France a émis des dispositifs liturgiques qui concernent la célébration des sacrements et des funérailles chrétiennes, et plus particulièrement l’Eucharistie. Le déconfinement oblige.

Eveques de France
Représentants de la CEF

Les évêques ont ainsi essayé de donner tous les détails pour ce qui concerne l’organisation générale des structures(aménagement&nettoyage et désinfection de l’église&sacristie…)la célébration de l’Eucharistie(concélébration,port du masque pour donner la communion…),des autres sacrements(baptême, mariage, confession, onctions des malades, confirmation)et les funérailles chrétiennes.

Par ailleurs, afin de garder notre spécificité cultuelle, ajoutent-ils, « les ministres veilleront à préserver la noble simplicité des rites comme la nature propre des gestes qui manifestent le salut de Dieu(communion eucharistique,onctions,impositions des mains…)

Enchainés par tant d’astuces

Pour la mise en œuvre de ces dispositifs,il faut des équipes sensibilisées et motivées.Le risque est grand que l’esprit d’organisation cède la place à l’esprit de prière. Si le déconfinement voulait dire fin de l’isolement, comment supprimer le stress causé par « le tout sécuritaire? »

Réserver des places pour une messe

Seigneur Dieu! Un peu d’esprit d’apaisement: prenez le gel,il n’y a plus d’eau bénite!Ah!Ne vous en faites pas: enchainés par tant d’astuces, vous êtes libérés de l’intérieur. Paix à vous.

By Père Protogène BUTERA

Coronavirus-Eglise: Un deuxième évêque africain mort du Covid-19!

Après Mgr Gérard Mulumba de la République Démocratique Congo, le Covid-19 vient de faire sa deuxième victime parmi les prélats africains. L’illustre disparu est Mgr Silas Silvius Njiru, évêque émérite du diocèse de Meru au Kenya, qui est décédé le 28 avril dernier à l’âge de 91 ans, à l’hôpital de Rivoli dans le Piémont, en Italie où il vivait.

Né à Meru en 1928 et ordonné prêtre en 1955, Mgr Njiru a été nommé en 1976 à la tête du diocèse de cette même ville, qu’il a dirigé jusqu’en 2004. Il est devenu le deuxième évêque africain à succomber au Covid-19 et le troisième à contracter le virus. Le 15 avril 2020, Mgr Gérard Mulumba, évêque émérite de Mweka, en République démocratique du Congo, est décédé à l’âge de 82 ans, victime également du nouveau coronavirus.A lire: le premier évêque africain mort de Covid-19

Mgr Silas Njiru a été nommé par le Pape Paul VI évêque auxiliaire de Meru en octobre 1975 et ordonné en janvier 1976.Il a été confirmé évêque de Méru en décembre 1976, poste qu’il occupa pendant 28 ans jusqu’à sa retraite en 2004.

Morts du Covid-19 ou de vieillesse?

Vu l’âge avancé de ces deux victimes(81 et 91 ans), on peut se demander si ces deux évêques sont morts du Covid-19 ou de la vieillesse? Le fait en est que l’autre évêque moins âgé, le cardinal Philippe Ouédraogo(né en 1945), archevêque de Ouagadougou au Burkina Faso et président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) en a été guéri et a quitté la clinique où il avait été hospitalisé après avoir été testé positif au virus.

Cardinal Philippe Ouedraogo,archevêque de Ouagadougou(Burkina Faso)

Peut-être serait-il juste de ne pas lier tous les décès de nos anciens (évêques ou pas)au Covid-19 parce qu’ils sont morts pendant cette pandémie!C’est comme si la maladie a fait oublié le sort de la vieillesse.

Sources: Vaticannews

Par P.Protogène BUTERA

Covid-19: Déclaration de l’Archevêque de Rennes sur le déconfinement et célébrations religieuses.

Suite au discours du Premier Ministre français, Edouard Philippe(28 avril), sur les pistes de déconfinement, certains catholiques , aussi bien les prêtres que les évêques, se sont sentis marginalisés ou déconsidérés: Lefigaro.fr: appel de cent-trente prêtres au Président de la République.

Alors que Mgr Eric de Moulin-Beaufort(archevêque de Reims)regrette que « les évêques n’aient pas été traités en partenaires responsables » et que Mgr Matthieu Rougé(évêque de Nanterre)parle de « manque de respect envers les croyants »,Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, préfère jouer à l’apaisement. Nous publions l’intégralité de sa déclaration sur ce sujet et ce qu’il demande aux fidèles de sa juridiction.

Mgr Pierre d’Ornellas(Rennes)

À l’Assemblée Nationale, ce 28 avril 2020, le Premier Ministre a déclaré : « Je sais l’impatience des communautés religieuses (…) mais je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant cette barrière du 2 juin. »

Déclaration

Moi aussi, je comprends l’impatience des catholiques. J’entends leurs souffrances. Peut-être seuls des croyants pratiquants peuvent comprendre cela. Je suis étonné qu’on ne perçoive pas l’impact social des chrétiens qui se réunissent pour prier. La foi qui conduit à servir est essentielle à la vie de la société.

En effet, les catholiques participent avec tous à l’épreuve de cette épidémie. Ils continueront à respecter loyalement les règles sanitaires, par amour du prochain. Ils continueront aussi à s’engager dans la solidarité auprès des familles fragilisées par cette crise, notamment par les paniers-repas, le soutien scolaire, l’écoute et la créativité pour sortir de leur souffrance les personnes isolées. Après le 11 mai, ils auraient été capables de se réunir pour la messe du dimanche et d’accompagner les enfants du catéchisme en respectant avec prudence les règles sanitaires.

J’ai confiance que les catholiques sauront vivre ce temps prolongé de confinement avec sagesse, en comprenant, à la lumière de l’Évangile, que le grand défi que lance à tous cette épidémie, c’est de prendre soin les uns des autres avec bienveillance et paix. S’il y a un monde nouveau à édifier, c’est celui-là dans tous les domaines de la vie sociale et économique. Grâce à leur foi, les catholiques s’y engageront avec ardeur.

Prendre soin du plus pauvre ou du plus fragile, et leur rendre toute leur dignité dans la société, c’est être vraiment humain, c’est servir Dieu lui-même. Encore privés de la messe pour plus d’un mois, les catholiques savent qu’aimer son prochain en actes et en vérité est le plus beau culte rendu à Dieu. Le pape François nous rappelle souvent cette phrase du grand et saint poète espagnol, Jean de la Croix : « au soir de cette vie, tu seras jugé sur l’amour ».

Mgr Pierre d’Ornellas

28 avril 2020

Signe de division ou défaut d’unanimité?

En prenant acte, mais avec regret, de la décision du Gouvernement d’imposer l’ouverture des cultes au 2 juin,le Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de France , au nom de tous les évêques, dit ne pas comprendre en quoi « la pratique ordinaire de la messe favorise la propagation du virus et gène le respect des gestes barrières plus que bien des activités qui reprendront bientôt. »

Conseil Permanent des évêques(CPE)

Rappelant que « la dimension spirituelle et religieuse de l’être humain contribue à la paix des cœurs, à la force dans l’épreuve, à la fraternité entre les personnes, et à toute la vie sociale »,ce Conseil encourage les fidèles à se rendre dans les églises pour y prier individuellement ; recommande aux diocèses et aux paroisses de continuer à proposer les moyens nécessaires à leur vie de foi.

Prélude de la Pentecôte!

Ces prises de parole au ton divergent de nos évêques (de France)ne sont pas un signe de division mais plutôt un prélude de la Pentecôte qui permet « à tous de parler d’autres langues et à chacun de s’exprimer selon le don de l’Esprit »(Actes 2,4)

Raison suffisante pour ce Conseil d’ y insister: « La fête de la Pentecôte devrait marquer, sauf reprise de l’épidémie, la fin du confinement sévère en matière de vie liturgique et sacramentelle.

Qui plus est le Conseil Permanent des évêques de France invite les catholiques à vivre le mois de mai comme un mois « au Cénacle » dans une prière instante pour le don de l’Esprit Saint et comme un mois marial. » Le temps de faire disparaitre toute confusion à tous les niveaux?

By Protogène BUTERA