Vingt-huitième dimanche: « Qui pourra être sauvé? »

Là où il parait impossible d’avoir le temps pour Dieu ou de nous détacher de nos entraves, le Psaume du jour nous livre un vrai secret : « Apprends-nous à bien compter nos jours pour que nos cœurs découvrent la sagesse »

La prière peut être inutile si elle aboutit toujours à des questions sans réponses. Quiconque ne la fait pas souvent connait cette triste expérience..Parfois, plus on possède beaucoup de biens ou de choses à faire, moins on a le temps de prier ; on est trop pris.

C’est dans ce sens que la Liturgie de ce dimanche nous éclaire sur les fruits de la prière et les moyens de nous mettre dans la bonne voie. Or, la voie de Dieu, ce n’est pas seulement de l’écouter ou de suivre ses commandements pour s’en aller  finalement tout triste. Le jeune homme de l’évangile nous est donné en exemple.

Oui, là où il parait impossible d’avoir le temps pour Dieu ou de nous détacher de nos entraves, le Psaume du jour nous livre un vrai secret : « Apprends-nous à bien compter nos jours pour que nos cœurs découvrent la sagesse »

Et comment la découvrir ? Eh bien ! Comme Salomon (première lecture) : « J’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la sagesse est venu en moi. » Et par quelle voie passe cet esprit ? C’est grâce à la Parole de Dieu que est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur« (deuxième lecture)

Parole vivante du Père, Jésus nous aide à trancher comme des disciples ou comme le jeune homme. D’une part, comme les disciples, nous pouvons rester interloqués, déconcertés par la gravité des exigences du Royaume de Dieu : « Qui pourra être sauvé ? » Et si Jésus promet le centuple et la vie éternelle, il n’exclut pas les persécutions.

D’autre part, comme le jeune homme, chacun d’entre nous peut s’en aller tout triste parce que tous les biens qu’il possède ne sont pas vendables. « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis, viens, suis-moi ». Mais alors, qui pourra acheter mon égoïsme, ma révolte, mon indifférence, ma cupidité ou mes convoitises ? N’ai-je pas raison de m’en aller tout triste parce que je n’aurai pas d’acheteur ?

En ce dimanche où l’Eglise se veut synodale parce que tout le peuple des baptisés marche ensemble vers là où se trouve le vrai trésor, invoquons l’Esprit saint avec le Pape François (Discours sur le processus synodal, 9 octobre 2021) :

« Viens, Esprit Saint. Toi qui suscites de nouvelles langues et mets des paroles de vie sur nos lèvres, préserve-vous de devenir une église-musée, belle mais silencieuse, avec un grand passé mais peu d’avenir. Viens parmi nous, pour que dans l’expérience synodale, nous ne nous laissions pas envahir par le désenchantement, que nous n’édulcorions pas la prophétie, que nous ne réduisions pas tout à des discussions stériles. Viens Esprit Saint d’amour, ouvre nos cœurs à l’écoute. Viens Esprit de sainteté, renouvèle le peuple fidèle de Dieu. Viens, Esprit saint renouvèle la face de la terre. Amen »

Que le Seigneur consolide nos mains et nos prière pendant ce mois missionnaire.

By P.Protogène BUTERA

Douzième dimanche: Etendue des vagues si vous n’avez pas encore la foi…

La liturgie de ce douzième dimanche nous permet d’établir des liens forts avec le Christ et de le découvrir sous un soleil nouveau surtout pendant cette période où toutes les nations sont confrontées  aux vagues successives de la pandémie. Ceux qui ont continué de prier (pour la fin de cette maladie)ont éprouvé peut-être le même sentiment que ces disciples obligés de réveiller Jésus : « Nous sommes perdus, cela ne te fait rien ? » On comptera jusqu’à combien (première vague, deuxième, troisième ,quatrième..)pour que cela s’arrête ?

D’autre part, « un monde nouveau est déjà né » qui prend très peu de temps pour écouter Jésus ; « Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule »(évangile). Qui peut supporter encore une telle longueur de discours ? Un monde nouveau est déjà là dont la naissance va de pair avec l’abandon de certains endroits difficiles d’accès et où les gens fréquentent Jésus sans croire en Lui tant « leur vie est centrée sur eux-mêmes  et non sur sa personne» D’où cette proposition du Maitre à ses disciples : « Passons sur l’autre rive »

Par ailleurs, où que nous allions, il est encourageant d’être avec Jésus. Mais, si sa présence est rassurante, elle ne veut pas être envahissante. A travers les vagues et les tempêtes, les disciples découvrent le vrai visage du Christ et sa nature même.

Après une journée de travail, Jésus-homme a besoin de repos. Tranquille, « lui dormait sur le coussin à l’arrière », les disciples l’ont vraiment mal reconnu dans cette attitude étonnante alors qu’ils sont marrés, perdus. A leur question, Jésus répond par une double question : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Puisque la tempête peut-être dans les cœurs ou dans les têtes (pensées politico-économiques, socio-familiales des vacances ou du tourisme pour admirer les merveilles de la mer), il y en a qui sont dans l’action de grâce parce que par son « silence, tais-toi », il a apaisé ce qui les perturbait de l’intérieur. Oui, « dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse »(Psaume)

En ce dimanche où l’on célèbre la journée mondiale des réfugiés, il est bon de penser à toutes ces gens qui ont connu les détresses de la mer et à ces milliers d’autres qui ont succombé à des tempêtes qu’ils n’ont pas pu traversées. C’est triste : leurs désirs et leur sagesse ont été engloutis par la Méditerranée, surtout.

Il reste à chacun de répondre à la deuxième partie de la question de Jésus : « N’avez-vous pas encore la foi ? » Réponse de solidarité et de partage ou courage dans la prière et confiance obéissante.

Oui, Jésus n’est pas absent. Si nous lui permettons de prendre place, il pourra calmer le reste de nos inquiétudes et nous laisser nous étonner : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

C’est Lui notre Seigneur et Sauveur qui, comme à Job, s’adresse à toi ,aujourd’hui: «Tu viendras jusqu’ici ! Tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ».

Ce faisant, nous pourrons dire comme saint Paul : « Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine ». La connaissance du Christ a changé nos regards. Que la puissance de son Eucharistie renouvèle nos vies et augment en nous la foi, vitamines dont ont besoin notre corps et notre âme pour lutter contre les vagues.

VOICI LES LECTURES DE CE DIMANCHE

PREMIÈRE LECTURE

« Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ! » (Jb 38, 1.8-11)

Lecture du livre de Job

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
« Qui donc a retenu la mer avec des portes,
quand elle jaillit du sein primordial ;
quand je lui mis pour vêtement la nuée,
en guise de langes le nuage sombre ;
quand je lui imposai ma limite,
et que je disposai verrou et portes ?
Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici !
tu n’iras pas plus loin,
ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” »

DEUXIÈME LECTURE

« Un monde nouveau est déjà né » (2 Co 5, 14-17)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
l’amour du Christ nous saisit
quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous,
et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous,
afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes,
mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne regardons plus personne
d’une manière simplement humaine :
si nous avons connu le Christ de cette manière,
maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
Si donc quelqu’un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle.
Le monde ancien s’en est allé,
un monde nouveau est déjà né.

– Parole du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Très bon dimanche !

By P.Protogène BUTERA

Homélie du deuxième dimanche(A):Quand nous osons dire ce que nous aimons

Dans notre quotidien, nous ramons à contre-courant. Les vents sont si forts qu’ils ne provoquent en nous que les expressions de ce que nous nous n’aimons pas. Quitte à nous en vouloir à un Président, un Député ou un Maire que nous n’aimons pas. A l’École,le langage est mille fois pétri de ces 4 mots: Je n’aime pas! Les lectures de ce deuxième dimanche du temps ordinaire nous aident à y réfléchir mûrement.

Vous le savez bien. Dimanche dernier, fête du baptême du Seigneur, la voix du Père désignait Jésus comme son Fils bien-aimé. Ce dimanche, de la même manière que Celui qui l’a envoyé baptiser, Jean Baptiste passe de la désignation à l’attestation : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi… »

Fort de sa mission, le Baptiste indique la source de la puissance de cet homme et la force qui fait de Lui si différent des autres : « C’est lui le Fils de Dieu ». Ainsi, dans sas prière, l’Eglise continue de proclamer la primauté de Celui qui est « notre Seigneur »et d’étendre son salut destiné à toutes les nations. Il n’est ni impersonnel ni une propriété privée, encore moins un domaine réservé.

Il nous revient à tous d’en être conscients .C’est le rappel de Saint Paul(deuxième lecture) : « Ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ »Ces mots « avec tous » et « en tout lieu » résonnent profondément en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens,du 18 au 25 janvier.

Il est temps que l’Esprit de sainteté demeure sur nous de sorte à nous mettre au service de la paix et de l’unité .Cela n’est possible que dans la mesure où chacun, ayant reçu la grâce d’être prophète de par son baptême, est convaincu d’être bien-aimé : « Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force »

C’est la raison suffisante de ne pas cesser de rendre témoignage jusqu’à dire comme le Psalmiste : «Mon Dieu, voilà ce que j’aime » Osons donc dire ce que nous aimons dans la Parole de Dieu, dans la Messe, au catéchisme, dans l’Église. Effets et reflets d’une telle lumière ne se feront pas attendre dans le monde qui nous entoure et  pour le bien de tous.

Prenons le temps de méditer ces paroles pour vivre autrement ce DIMANCHE que vous souhaite TRES BON.

By Protogène BUTERA

PREMIÈRE LECTURE
Lecture du livre du prophète Isaïe(Is 49, 3.5-6)
Le Seigneur m’a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël,
en toi je manifesterai ma splendeur. »
    Maintenant le Seigneur parle,
lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob,
que je lui rassemble Israël.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur,
c’est mon Dieu qui est ma force.
    Et il dit :
« C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob,
ramener les rescapés d’Israël :
je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne
jusqu’aux extrémités de la terre. »

    – Parole du Seigneur.
DEUXIÈME LECTURE
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Co 1, 1-3)
Paul, appelé par la volonté de Dieu
pour être apôtre du Christ Jésus,
et Sosthène notre frère,
    à l’Église de Dieu qui est à Corinthe,
à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus
et sont appelés à être saints
avec tous ceux qui, en tout lieu,
invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ,
leur Seigneur et le nôtre.
    À vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.
ÉVANGILE
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 29-34)
    En ce temps-là,
    voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
    c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
    Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
    Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
    Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
    Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.