Les sourcils de tes yeux disent tout de ton caractère

Il y en a qui sont acharnés à transformer leurs sourcils(surtout les femmes)au lieu de les garder tels qu’ils sont naturellement.Aristote avait dévoilé les caractères et la psychologie humano-féminine cachcée sous cette partie du visage.

Dans ses livres sur « l’Histoire des animaux« , Aristote nous présente, avec une rare précision, les caractères et les propriétés des animaux et des êtres vivants , ainsi que les parties qui les distinguent intrinsèquement.

Aussi, dit-il, parmi les différents animaux, seul l’être humain dispose du visage, car on ne parle pas de visage du poisson ou du boeuf. Or, comme l’observation le démontre clairement, le visage comporte plusieurs parties dont le rôle et l’importance méritent les égards pour l’homme ou la femme.

Il est étonnant comment notre philosophe aborde les parties qui nous paraissent de moindre importance. Parmi ces parties auxquelles la plupart ne font pas beaucoup attention, il y a les sourcils.Voici comment il nous en parle:

« Sous le visage, il y a les sourcils naturellement doubles. Des sourcils droits sont les signes d’un caractère mou, chez ceux qui les ont courbés vers le nez, c’est un signe de rudesse; vers les tempes, c’est le signe d’un caractère moqueur et ironique; abaissés, ils sont signes d’un caractère envieux. « 

A travers son analyse, il est facile de comprendre pourquoi il y en a qui sont acharnés à transformer leurs sourcils (surtout les femmes)au lieu de les garder tels qu’ils sont naturellement. Pourquoi les Instituts de beauté ou Salons de coiffure nous attirent tant?C’est dingue!Partout, avec les techniques du maquillage, l’heure est aux sourcils ondulés pour supprimer les sourcils droits.Sourcils.jpg

Vous qui adorez ces pratiques, serait-ce pour adoucir vos caractères ? Est-ce consciemment que vous le faites ou c’est plutôt l’effet de mode et le souci du simple paraître? Sans le savoir, vous ne risquez pas de vous rendre envieux et enviables?En vous regardant attentivement, dites-nous si Aristote n’a pas dit vrai!

By Protogène BUTERA

Barabivuze(Ibitekerezo by’Abafilozofe:Episode 4):Aristote et Les Politiques

Aristote(385-322)est le disciple de Platon dont il concrétisera les Idées en les descendant du Ciel pour les enraciner dans la vie de la Polis(Cité).

Vu que la Cité possède plusieurs modes de vie(artisans,marchands,pêcheurs,cavaliers, cordonniers,forgerons ,maçons…), son organisation porte sur plusieurs œuvres.Ainsi,le traité(œuvre d’Aristote) qui attire notre attention sur cette organisation de la Cité sera au pluriel plutôt qu’au singulier: Les Politiques.

En faisant abstraction du singulier,nous admettons que,dans la Cité comme chaque pays,les politiques(modes d’organisation)sont multiples;elles se déclinent au pluriel et procèdent par addition:politique de la santé,politique de l’éducation,politique monétaire,politique de l’urbanisme,politique des relations internationales,politiques sociales,et cetera…

Or,pour Aristote,un homme est par nature un animal politique.C’est pourquoi,dit-il,même quand ils n’ont pas besoin de l’aide des autres,les hommes n’en ont pas moins tendance à vivre ensemble.

Néanmoins l’avantage commun lui aussi les réunit dans la mesure où cette union procure à chacun d’eux une part de vie heureuse.Tel est assurément le but qu’ils ont avant tout;tous ensemble comme séparément.

Mais ils se rassemblent et ils perpétuent la communauté politique aussi dans le seul but de vivre.Peut-être,en effet,y a-t-il une part de bonheur dans le seul fait de vivre si c’est une vie pas trop accablée de peines.

De plus,selon notre philosophe,la Cité est comme un corps vivant;elle est constituée de plusieurs parties.De même que le corps bien constitué est seul capable de résister à toutes sortes de maladies,de même la vie de la cité dépend de sa bonne constitution.

Pareillement,comme toute personne vit mieux quand elle voit avec deux yeux,entend avec deux oreilles,agit avec deux mains,ainsi la cité vit mieux quand elle est portée par ses deux éléments:la constitution et la loi.
Voici en quels termes il le disait:

« Une constitution est,dans les cités,une organisation concernant les magistratures,de quelle manière elles sont partagées,laquelle est la souveraine dans la constitution et quelle est la fin de la communauté pour chacun.

Mais parmi ce qui montre la nature de la constitution,les lois ont une place distincte, et c’est selon la loi qu’il faut que les gouvernants gouvernent et qu’ils les protègent contre ceux qui les enfreignent(Livre IV,I).

Là où les lois ne dominent pas, apparaissent les démagogues;le peuple devient monarque,unité composée d’une multitude,car ce sont les gens de la multitude qui sont souverains…

Ces démagogues sont causes que les décrets sont souverains et non les lois;ils portent tout devant le peuple,car cela fait qu’ils deviennent importants du fait que le peuple est souverain en tout,et qu’eux sont souverains de l’opinion du peuple.Car ils convainquent la multitude.

De plus,ceux qui accusent les magistrats disent que c’est le peuple qui doit trancher,et celui-ci accueille avec joie cette invitation,de sorte que toutes les magistratures sont ruinées.

Et on pourrait raisonnablement blâmer cette sorte de démocratie en disant qu’elle n’est pas une constitution,car partout où les lois ne gouvernent pas,il n’y a pas de constitution.Il faut que la loi commande à tous,les cas particuliers étant tranchés par les magistrats en accord avec la constitution.

De sorte que,si la démocratie est bien l’une des constitutions,il est manifeste qu’une telle organisation dans laquelle tout se règle par décrets,n’est pas une démocratie à proprement parler,car aucun décret ne peut être universel(Livre IV,chap.4).

Quant au changement de la constitution,Aristote a été plus que clairvoyant:

« On change les constitutions tantôt par la force tantôt par la ruse.On contraint par la force soit directement dès le début,soit plus tard;la ruse aussi est de deux sortes.Premier cas:après avoir d’abord trompé les gens on change la constitution avec leur consentement, et par suite on en conserve le contrôle par force sans leur consentement.

Deuxième cas:en employant la persuasion dès le début,et par la suite,cette persuasion ayant fait son effet,on gouverne les gens avec leur consentement.(Livre V,4)

A suivre…

By P.B

Barabivuze(Ibitekerezo by’abafilozofe):2.Platon et sa République(suite)

De nombreux pays portent ce nom de « République » comme déterminatif,portatif ou qualificatif de leur État.Nous en connaissons plusieurs variantes:République française, République fédérale d’Allemagne,République démocratique du Congo,République populaire de la Chine,République du Rwanda,République du Chili,République islamique d’Iran, et j’en passe.Y en a-t-il un de ces pays qui dira qu’il n’est pas la meilleure des Républiques?

Au lecteur de juger si de telles dénominations ne sont pas réellement des caricatures de ces éléments suivants que Platon considérait comme essentiels à la construction de la Cité-République:la démocratie, la justice et la liberté. Voici en bref ce qu’il disait:

La démocratie est née de la victoire des pauvres.Une fois opérés exécutions et bannissements,ils font avec les survivants un partage égal des postes de gouvernement et d’autorité:c’est ordinairement le tirage au sort qui en décide.Essentiellement,les gens sont libres,de libre expression,et l’on y a le droit de faire ce que l’on veut.

Le régime démocratique contient tous les autres,de par ce fameux droit(de tout faire). Et il y a de fortes chances pour que celui qui veut fonder une cité,comme c’est notre cas,doive forcément visiter la cité démocratique.Tu as une idée,tu fais ton choix!A l’instar d’un Grand Marché où l’on viendrait voir des régimes politiques, l’amateur fera son choix du type de gouvernement à réaliser.

Dans la cité démocratique,nul n’est jamais forcé d’assumer une fonction d’autorité,même s’il en est capable;et pas davantage d’obéir aux autorités,s’il en a envie;il n’est pas davantage forcé de faire la guerre quand les autres la font,ou de vaquer à la paix quand les autres y vaquent,s’il ne désire pas la paix.Nul,non plus,n’est contraint par une loi qui lui interdirait d’occuper une fonction d’autorité ou une magistrature, et il occupera néanmoins fonction ou magistrature,à l’occasion.(Livre VIII,§557)

De véritables philosophes,une fois au pouvoir dans la cité,à plusieurs ou même à un seul,méprisent les honneurs.Ils les tiendront pour serviles et dépourvus de toute valeur,tandis qu’ils apprécieront au maximum la droiture et cet honneur qui y prend sa source,ils regarderont comme une affaire primordiale et indispensable la justice:ils s’en feront les serviteurs pour lui assurer sa pleine expansion,et ils feront le ménage dans leur propre cité(Livre VII,§540)

C’est à l’endroit d’une ville où l’on voit les mendiants que se tiennent cachés les voleurs,précisément les pickpockets,les grands bandits et tous les scélérats.Mais l’origine du mal est dans l’absence d’éducation,dans une formation défectueuse,dans la constitution défectueuse de la cité,nous devons le dire.Les autorités portent la responsabilité de cette présence des misérables.(Livre VIII,§552)

By B.P

Barabivuze(ibitekerezo by’abafilozofe):2.Platon et sa République

Le plus connu de tous les philosophes anciens,Platon(429-347 av.J.C)a fait passer ses idées à travers le personnage de son maître:Socrate.

Grâce à lui,il n’a pas seulement introduit la forme idéale de la République,il a démontré le plan de sa République dont l’achèvement est l’œuvre du philosophe(ami de la sagesse)-roi.

Sans interprétations ni commentaires,ces quelques extraits vous permettront de repérer son originalité et de comparer les situations (ou difficultés) susceptibles de conduire à l’échec même du philosophe-roi dans l’action politique (art de conduire la cité).
A. Artisans de la Cité-République:
Le philosohe et le tyranLe philosophe(roi) et le tyran

« Notre idée est de forger l’image d’une cité heureuse sans y réserver le bonheur à une petite élite,mais à l’ensemble des citoyens. Nous avons assez de talents pour mettre à des paysans le beau costume,les couvrir d’or,et les faire ensuite travailler pour le plaisir.Nous pouvons par ce biais donner le bonheur à tout le monde,et la cité toute entière sera donc dans le bonheur.

Les assistants et les gardiens de notre cru auront l’obligation physique et morale d’être les meilleurs artisans dans leur ouvrage propre,et cette obligation s’étendra aux autres citoyens à leur tour.Alors,la prospérité générale de la cité,son bon fonctionnement, permettront que toutes les classes reçoivent de la nature leur part individuelle de bonheur.Mais nos gardiens devront absolument garder la cité contre les envahisseurs clandestins:la richesse et la pauvreté » (Livre IV,420-421).

 

« La cité qui a pris un bon départ va comme un cercle qui s’agrandirait.Si la formation et l’éducation sont maintenues en bon état,elles produisent des natures saines;en bon état elles-mêmes,ces natures profitent en retour de l’éducation pour progresser,en particulier dans leur fonction génésique,comme on le voit en général chez les êtres vivants.Bref,le devoir s’impose aux responsables de la cité,de résister à toute corruption subreptice. » (Livre IV,§424)

« Voilà un petit groupe de sages,qui ont apprécié la douceur de leur bien et la bénédiction qu’elle représente.Ils voient bien assez en revanche la foule et sa démence, et comme rien ni personne n’est sain,pour ainsi dire,dans l’action politique,ils n’y trouvent pas d’allié qui vous aide à venir à la rescousse de la justice en gardant la vie sauve.

Ils se trouvent dans la position d’un homme qui tombe au milieu de fauves:il refuse de collaborer à l’injustice,mais il n’a pas non plus la force de résister seul contre tous aux prises avec des bêtes féroces.Il n’aura même pas le temps de rendre à la cité ou à ses amis le moindre service,et il aura péri avant de s’être rendu utile à lui-même ou à l’autrui.Le résultat de tout ce raisonnement est que le sage reste paisible à s’occuper de ses propres affaires,comme lorsque par mauvais temps les tourbillons et les paquets d’eau giclent sous le vent et qu’on se met au couvert de la muraille,à l’écart;il voit les autres s’enfoncer dans le mépris des lois,trop heureux lui-même s’il peut rester propre de toute injustice comme de tout acte d’impiété au cours de sa vie,pour avoir,quand il s’en ira,une belle espérance,sereine et amicale,au moment du départ ».(Livre VI,§496)

« Homme de tous les bonheurs,ne sois pas si radical dans les griefs contre la foule. L’opinion des gens évoluera,pour peu qu’au lieu de les agresser,tu les prennes bien,que tu démontes les accusations qui pèsent sur la vie intellectuelle:montre-leur à qui tu donnes le nom de philosophes;donne,comme nous le faisons présentement,une définition de ce qu »ils sont au départ et de leur profession,pour que les gens n’imaginent pas que tu parles des philosophes tels qu’ils se les représentent.Ce portrait fera évoluer leur opinion et il modifiera leurs réponses ».
(Livre VI,§500)

« Si tu découvres demain un style de vie préférable à l’exercice du pouvoir pour intéresser ceux qui vont exercer le pouvoir,tu seras en passe de voir naître une cité en bon état.C’est là seulement,en effet,qu’exerceront le pouvoir les riches véritables,riches dune richesse qui n’est plus l’or,mais qui consiste en ce trésor indispensable au bonheur,une vie de bien et de prudence.Mais que des miséreux,dévorés par l’envie d’avoir des biens personnels,parviennent aux affaires publiques dans l’idée que ces biens sont à disposition et qu’ils doivent s’en emparer,la vraie cité n’est plus possible:c’est la lutte pour le pouvoir qui passe à l’ordre du jour;dans les murs mêmes,une guerre intestine les détruit,eux et le reste de la cité. » (Livre VII §521)

*Entrée du tyran

« (Le tyran),les premiers jours,les premiers temps,il sourit à chacun;il salue tous ceux qu’il rencontre.Il refuse le nom de tyran.Il fait quantité de promesses privées ou publiques,où les dettes sont libéralisées,la terre partagée au peuple et à son entourage. Tout le monde bénéficie des faveurs et de l’amabilité qu’il affecte.

Lorsque ses adversaires,maintenant éloignés, ont été écartés ou détruits,et qu’il est tranquille de ce coté,ce premier travail est de monter des guerres:il faut que le besoin d’avoir un commandant militaire occupe le peuple . Et,j’imagine,il en est qu’il soupçonne de nourrir des idées de liberté qui les conduisent à refuser son autorité.Il trouve alors les moyens et l’occasion de les faire disparaitre en les livrant à l’ennemi.

Autant de raison pour que le tyran soit obligé de prolonger indéfiniment la guerre et son agitation.Toute son acuité devra passer à repérer le citoyen courageux,le généreux, l’intelligent,le fortuné.Et voilà son bonheur:à tous ces gens de valeur il devra nécessairement, qu’il le veuille ou non,déclarer la guerre et tendre des pièges jusqu’au nettoyage complet de la cité »  (Livre VIII,§566-567).

A suivre…

By P.B

Barabivuze(ibitekerezo by’abafilozofe):1.Marc-Aurèle

Sans avoir écrit des livres,la vie peut avoir fait de toi un philosophe!Avec ceux qui ont écrit (ce qu’ils ont vécu et expérimenté),tu trouveras ton compte.C’est parti avec Marc-Aurèle.

Homme politique(de 121 à 180) et philosophe stoïcien(accordant plus d’importance aux vertus et à l’instant présent de la vie),Marc-Aurèle a mis la philosophie au service de l’Empire romain.Sous son règne ,c’était la période de la « Pax romana ». Lui, il disait:

  • « Quand tu devrais vivre trois fois mille ans,et même autant de fois dix mille ans,souviens-toi pourtant que nul ne perd une vie autre que celle qu’il vit,et qu’il ne vit pas une vie autre que celle qu’il perd.Par là,la vie la plus longue revient à la plus courte.Le temps présent ,en effet,étant le même pour tous,le temps passé est donc aussi le même,et ce temps disparu apparaît ainsi infiniment réduit.On ne saurait perdre,en effet,ni le passé,ni l’avenir,car comment ôter à quelqu’un ce qu’il n’a pas? » (Livre II,XIV)
  • « N’use point la part de vie qui te reste à te faire des idées sur ce que font les autres,à moins que tu ne vises à quelque intérêt pour la communauté.Car tu te prives ainsi d’une autre tâche,celle,veux-je dire,que tu négliges en cherchant à te faire une idée de ce que fait tel ou tel,du but qu’il se propose,de ce qu’il dit,de ce qu’il pense,de ce qu’il combine et de toutes les autres préoccupations de ce genre,qui t’étourdissent et t’écartent de l’attention que tu dois à ton principe directeur. » (Livre III,IV)

  • « La cause universelle(la nature)agit comme un torrent;elle entraîne tout.Quels êtres vulgaires que ces petits hommes qui jouent les politiques et s’imaginent agir en philosophes!Ils sont pleins de morve.O homme,que fais-tu?Fais ce que ta nature présentement exige.Décide-toi,si tu le peux,et ne regarde pas si on te verra.Ne t’attends pas à la république de Platon,mais sois satisfait du plus petit progrès,et ce résultat,ne le considère pas comme petite chose.Car, qui pourrait changer les principes des hommes?Et,sans changer leurs principes,que leur reste-t-il,sinon le joug qui pèse sur des esclaves qui gémissent et font semblant d’obéir? » (Livre IX,XXIX)

    (Extrait de Marc-Aurèle,Pensées pour moi-même.Manuel d’Epictète,Garnier-Flammarion,Paris,1964 )

A suivre…

By P.B