Au RWANDA aussi, les ABEILLES sont menacées!

Avant, on faisait l’agriculture traditionnelle et on produisait beaucoup de miels qui nous permettaient d’avoir assez d’argent pour développer et servir la communauté..Actuellement,c’est difficile de vivre de l’apiculture.

Le développement agricole dans le monde entier exige des techniques et la technologie avancée sans toutes fois oublier l’écosystème et la protection de l’environnement pour nourrir la population du monde, de générations en générations.

Avec la nouvelle technologie, les pays se sont concentrés sur le développement des villes, industries, constructions des travaux publics,… mais surtout sur le développement du secteur agricole, en se basant sur l’alimentation de la forte pression de la démographie du monde. Pour y arriver, on a développé l’utilisation des intrants, et produits chimiques (engrais chimiques, pesticides, herbicides,…) de manière à augmenter les produits agricoles et satisfaire la demande des usines.

Du fait de ses avantages en termes de rendement économique et d’amélioration de la santé et du bien-être de l’homme, cette technique très chimique a été rapidement adoptée dans le monde entier. Toutefois, l’utilisation des insecticides dans les pays développés est souvent réglementée et surveillée à cause des problèmes qu’elle peut entraîner si elle n’est pas judicieuse. Ce qui n’est pas le cas pour de nombreux pays en voie de développement.

Depuis plusieurs années déjà, on assiste à une multiplication des substances chimiques et des pesticides dans l’environnement (Cruiser, Poncho, Gaucho, Cheyenne). Si certains sont interdits, les firmes spécialisées ont mis au point d’autres produits similaires qui pourraient être fatals à des millions d’hommes pour le profit de quelques multinationales. Les abeilles meurent à cause du traitement des semences.

Les abeilles se nichaient dans les feuilles des arbres!

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Les abeilles qui sont concernées

Les abeilles forment un groupe d’insectes hyménoptères de la super-famille des Apoïdes. Au moins 20 000 espèces d’abeilles sont répertoriées sur la planète. Au Rwanda, l’espèce la plus connue est Apis mellifera qui, comme la plupart des abeilles à miel, appartient au genre Apis. Cependant, la majorité des abeilles ne produit pas de miel; elles se nourrissent du nectar des fleurs. Une abeille peut vivre entre 28-45 jours.

En général, les abeilles peuvent être classées aussi selon leur mode de vie : abeilles domestiques ou sauvages, solitaires ou bien sociales, etc. Elles sont nettement distinctes des guêpes par leur morphologie et leur comportement, notamment leur alimentation. Les bourdons en revanche sont un groupe particulier d’abeilles.

Du nectar pour les abeilles

Les abeilles, et les autres espèces de pollinisateurs, sont actuellement gravement menacées, avec un taux d’extinction qui est « de 100 à 1 000 fois plus élevé que la normale », selon l’ONU. Lors de la Journée mondiale des abeilles , le 20 mai 2019, l’ONU a détaillé les principales causes du déclin des pollinisateurs : l’utilisation de pesticides, la monoculture, les pratiques agricoles intensives, le changement climatique, le changement d’affectation des terres et la destruction des habitats.

Abeilles vraiment menacées au Pays des Mille Collines?

Même dans les pays des Grands Lacs africains, nous suivons la même politique internationale que l’on trouve dans les objectifs de développement du millénaire(MDGs) et (SDGs) pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Le Pays des milles collines, s’est voulu le plus respectueux de la mise en application de ces politiques.

Et avec raison. Le secteur agricole du Rwanda était menacé à cause de la faible productivité des terres due à la surexploitation des mêmes terres et à la faible utilisation des intrants dont les fertilisants, les semences améliorées et les produits phytosanitaires.

Pour résoudre ce problème , il y a eu l’utilisation des produits chimiques en de très grandes quantités comme engrais, insecticides ou herbicides ou régulateurs de la croissance des plantes. Les insecticides et les herbicides sont épandus dans l’environnement pour lutter contre les insectes, les mauvaises herbes, les maladies des plantes etc..

De plus, pour combattre la malnutrition et l’insécurité alimentaire et de satisfaire le marché local, régional et international bien sûr des produits manufacturiers (Industrie agro pastoral) ; nous avons adopté la monoculture et le développement des villes. Les espaces libres sont largement limités et même disparaissent dans plusieurs région du pays.

Témoignage des apiculteurs

Selon le témoignage de certains apiculteurs, les abeilles sont visiblement en voie de disparition totale. Damien Ntihinyurwa( 67ans) apiculteur dans la partie riveraine de la forêt de Nyungwe depuis plus de 50ans, nous a témoigné que la production du miel a diminué gravement, comparativement aux 20 dernières années. Il affirme qu’il avait pu scolariser ses enfants jusqu’à l’université mais que, maintenant, il ne peut pas contribuer au développement de son ménage à cause de l’utilisation des produits chimiques  dans l’agriculture.

Le nombre d’abeilles diminue!

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Avant, nous disait-il, on faisait l’agriculture traditionnelle et on produisait beaucoup de miels qui nous permettaient d’avoir assez d’argent pour développer et servir la communauté alors que le prix des miels de 1kg variait de 1500-2000Frw(=2€)! Actuellement, se désole-t-il, le prix est à 6000frw/kg (6€)et c’est difficile de vivre de l’apiculture!

Ruche traditionnelle du Rwanda

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Le problème se trouve dans la reproduction des abeilles. On a remarqué que dans la ruche, la prolifération des abeilles est limitée à cause du manque de nourriture. Les ouvriers, femelles de la colonie qui en assurent l’entretien et la survie par la fabrication du miel, sont très menacés par l’activité du développement agricole.En effet, lorsque l’abeille(ouvrière) butine une fleur traitée, elle meurt avant d’avoir pu retourner à la ruche.

Par contre, les faux-bourdons, gentils géniteurs qui ne fabriquent pas de miel et ne peuvent même pas assurer la protection de la ruche puisqu’ils ne piquent pas, sont dans la ruche uniquement pour s’accoupler avec la reine. Cette dernière, pour le moment, on la trouve en grande quantité dans la même ruche. Cas très inattendus pour les apiculteurs rwandais qui restent sans réponse.

Par Eustache/KIGALI

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