Vous dormez moins de 6 heures? Démence et Alzheimer vous attendent!

De plus en plus de données de recherche suggèrent que les habitudes de sommeil sont susceptibles de contribuer au développement de la démence.

Dormir moins de six heures par nuit, entre 50 et 70 ans, pourrait provoquer « un risque accru de démence ». Réalisée sur près de 8 000 adultes britanniques, cette nouvelle étude publiée mardi 20 avril dans la revue « Nature Communications » et menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Paris en collaboration avec l’University College de Londres, suggère que ce risque augmente de 20 à 40 % chez les petits dormeurs, par rapport à ceux qui ont des nuits « normales » de 7 heures.

Peu de sommeil conduit à la démence!

Toutefois, « les résultats ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet »explique à Franceinfo Séverine Sabia, chercheuse à l’Inserm, qui a dirigé ces travaux.« Pourquoi sommes-nous si fatigués ? » Quand l’Histoire se penche sur notre lassitude

Les scientifiques ont également observé un risque accru de démence de 30 % chez les personnes âgées de 50 à 70 ans qui avaient systématiquement une courte durée de sommeil, indépendamment de leurs éventuels problèmes de santé cardiovasculaire, métabolique ou mentale (dépression) qui constituent des facteurs de risque de démence.

Près de dix millions de nouveaux cas de démence, dont la maladie d’Alzheimer, sont dénombrés chaque année dans le monde, selon l’OMS. Le sommeil est fréquemment altéré chez les patients qui en sont atteints. Cependant, de plus en plus de données de recherche suggèrent que les habitudes de sommeil, avant l’apparition de la démence, sont aussi susceptibles de contribuer au développement de la maladie.« Le sommeil en milieu de vie pourrait jouer un rôle pour la santé du cerveau, ce qui confirme l’importance d’une bonne hygiène du sommeil pour la santé. » Apocalypse zombie, médecins érotisés, réalité alternative : ce que vos rêves de confinés racontent.

Lien entre démence et Alzheimer

Selon l’OMS, la démence qui est « une des causes principales de handicap et de dépendance parmi les personnes âgées dans le monde » est un syndrome où l’on observe « une dégradation de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de l’aptitude à réaliser les activités quotidiennes ».

L’Organisation note également que la maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune de la démence et serait à l’origine de 60-70% des cas. Mais, ce qu’elles ont en commun, c’est qu’elles « figurent désormais parmi les 10 principales causes de mortalité dans le monde et se classaient au troisième rang dans les Amériques et en Europe en 2019. Ces affections touchent les femmes de façon disproportionnée : à l’échelle mondiale, 65 % des décès dus à la maladie d’Alzheimer et à d’autres formes de démence concernent des femmes. « 

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Le monde scientifique étant conscient que « la démence a des conséquences physiques, psychologiques, sociales et économiques pour les personnes atteintes de la maladie », mais aussi pour les personnels en charge de soins, les familles et la société en général, « des recherches futures pourraient être en mesure de déterminer si l’amélioration des habitudes de sommeil peut aider à prévenir la démence« , note de son côté « Nature ».

En attendant, « ne pas fumer, boire avec modération, rester actif mentalement et physiquement, avoir une alimentation équilibrée et contrôler ses niveaux de cholestérol et de tension artérielle peuvent aider à garder notre cerveau en bonne santé à mesure que nous vieillissons », conclut la Dr Sara Imarisio, de l’Alzheimer’s Research Trust.

By P.Protogène BUTERA